Un groupe a besoin de se réguler pour bien fonctionner. C’est à dire d’avoir des temps pour parler de lui-même, de ses relations internes, de la façon dont il fonctionne et dont chacun fonctionne en son sein. J’en ai encore eu la preuve récemment !

Voilà quelques temps que je sors parfois frustrée des réunions auxquelles je participe avec mes co-équipiers. Cette frustration m’interpelle parce qu’au demeurant, je suis en phase avec ce qui motive notre collectif et l’intention qui nous guide. J’en cherche donc l’origine et je me rends compte que, pour moi, les règles du jeu de nos temps d’échange ne sont pas toujours clairs et que je fais beaucoup d’effort pour m’adapter au mode de fonctionnement dominant et qui ne me correspond pas toujours.

Je réfléchis à ce que je pourrais proposer : un temps d’inclusion au démarrage de nos réunions, un point sur nos attentes par rapport à l’ordre du jour, m’autoriser à exprimer mes besoins etc…

Mais, lors de notre réunion suivante, le temps pressant (un autre sujet dont je reparlerai peut-être…-:)) je me suis laissée embarquer dans un échange de points de vue/brainstorming pour un client avec lequel nous travaillons.

Cela n’a pas loupé, au bout d’un moment, je me suis sentie à nouveau perdue par rapport à ce que nous faisions et ce que j’avais compris de l’objet de notre réunion. Pour moi, ça partait dans tous les sens, je ne voyais plus le fil et j’avais l’impression que ce que j’avais à apporter n’était pas entendu ou mal compris…
A cela, s’est ajoutée la colère de ne pas avoir fait ce que je m’étais dit pour prendre en compte mon besoin et j’ai lâché mon ressenti à un moment totalement inapproprié et avec une émotion non compréhensible pour mes compères. Vous vous imaginez, ça a jeté un froid … et la régulation a eu lieu dans l’émotion et l’expression des égos.

Comme nous sommes des gens empathiques et avec une certaine expérience de l’intelligence collective, les choses sont rentrées dans l’ordre. J’ai découvert que nous avions mis derrière le mot valise de “co-production” des choses différentes.  Pour la co-équipière en lien avec le client sur lequel nous travaillions, ce qui importait, c’était d’avoir plein d’idées qu’elle organiserait dans un deuxième temps… Là où de mon côté, je cherchais déjà à organiser nos idées pour qu’elle ait une trame à lui partager !

Je vous raconte ma petite histoire pour illustrer comment le manque de régulation peut entrainer des mécompréhensions destructrices de l’intelligence collective… Alors qu’il est finalement si simple de ritualiser, au démarrage de nos réunions, un temps pour que chacun puisse s’accorder sur ce que nous avons à faire ensemble aujourd’hui, exprimer son besoin pour bien fonctionner et déterminer comment s’y prendre pour permettre à chacun d’être au top !

#révélerlintelligencecollectiveduneéquipe

 

“La règle du jeu rend libre”